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La rhinoplastie conservatrice : histoire et utilisation actuelle

20 Avr, 2021

La rhinoplastie conservatrice et particulièrement conservatrice du dorsum est un concept qui paraît nouveau à bien des chirurgiens.

En fait, il s’agit d’une technique assez ancienne puisque la première description en a été faite il y a plus de 100 ans.

Il est intéressant de noter que bien souvent, des techniques qui paraissent révolutionnaires reposent sur des bases jetées des années auparavant par des chirurgiens novateurs , avant de tomber dans l’oubli puis d’être remises au goût du jour; c’est le cas par exemple de la voie ouverte (incision columellaire) proposée en 1936 par le Docteur Rethi, délaissée au profit d’un abord exclusivement endonasal puis redécouverte il y aune vingtaine d’années au point de devenir la voie d’abord privilégiée actuellement.

Il en est de même pour la rhinoplastie conservatrice du dorsum, décrite dès 1914 par un chirurgien français puis tombée totalement dans l’oubli pendant des décennies , reprise et modifiée par un célèbre rhinoplasticien (Dr Cottle) aux Etats unis après la dernière guerre mondiale puis à nouveau délaissée).

En France, cette technique a été pratiquée, modifiée et améliorée depuis des années notamment par les Dr Gola et plus récemment par le docteur Yves Saban.

Nul n’étant prophète en son pays, elle est restée confidentielle de nombreuses années jusqu’à ce que plusieurs chirurgiens internationaux ayant connaissance des travaux des Dr Gola et Saban en mesurent tout l’intérêt et contribuent maintenant à son développement.

 

En quoi consiste la rhinoplastie conservatrice ?
Intitulée « préservation rhinoplastie « par les auteurs anglo saxons, elle a pour but de supprimer la bosse nasale tout en préservant l’harmonie de l’arête nasale (dorsum).

En effet lors d’une rhinoplastie classique (rhinoplastie structurelle) ce dorsum est assez malmené, la résection de bosse impliquant la survenue d’un « toit ouvert » lequel toit doit ensuite être reconstruit. Il n’est alors pas rare que surviennent alors des irrégularités du dorsum perceptibles au toucher par le patient et même visibles par l’entourage.

La rhinoplastie conservatrice repose sur un principe différent : la quantité de bosse ostéo-cartilagineuse est en quelque sorte retirée « en négatif » sous le dorsum, lequel dorsum est ensuite impacté sur l’espace laissé vide (push-down).

Il n’y a donc aucun geste traumatisant en surface, limitant ainsi le risque d’irrégularités.

A qui s'adresse cette technique ?
Elle a bien sûr ses indications de choix.
Le candidat idéal est un ou une patiente se plaignant d’un nez long tout en présentant une arête nasale fine et rectiligne.

L’impaction du dorsum permet de réduire la projection du nez tout en conservant les qualités esthétiques préopératoires de l’arête nasale.

Une bosse nasale régulière de haut en bas (cyphose nasale) sera également un excellente indication chirurgicale, ainsi qu’une déviation de face du nez vers la droite ou vers la gauche.

A l’inverse, les patients présentant un nez très large, multi traumatisé ou déjà opéré seront de mauvais candidats pour une rhinoplastie conservatrice.

Et pour la pointe nasale ?
La pointe nasale n’est pas concernée par cette technique.
Elle fera l’objet d’un traitement à part (voie ouverte ou fermée voie marginale pure , utilisation ou non de greffons etc..) selon l’habitude et l’expertise du chirurgien.
Quel avenir pour la rhinoplastie conservatrice ?
J’utilise pour ma part cette méthode de plus en plus fréquemment depuis plusieurs années.

En raison d’une diffusion rapide des informations, en ligne ou en présentiel, de plus en plus nombreux sont les rhinoplasticiens qui se forment à cette technique.

Il n’y a aucun doute que sa diffusion augmentera dans les prochaines années et qu’elle fera partie des moyens à notre disposition pour améliorer nos résultats.